Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 22:08

PROJET DE PARLEMENT DES ENFANTS

 

 

 

Beaucoup de personnes ont fait le constat que le 1 juin était devenu, comme le 8 mars, par exemple, un événement circonstanciel obéissant à un rituel sclérosé.

Sa célébration pouvait certes donner bonne conscience aux adultes, mais ne travaillait pas réellement, ni durablement, dans l’intérêt de l’enfant.

Se situer dans une perspective éducative de développement durable nous était apparu comme un impératif incontournable, si nous voulions faire œuvre utile, pour l’avenir de nos enfants et de la société.

 

Il était également évident que tout projet, concernant les enfants, ne pouvait se concevoir en dehors d’eux, mais avec eux.

C’est la raison pour laquelle nous avions retenu, à Sidi Ferruch, que lors de la fête de Mechedalla, serait organisé un Forum des Enfants pour connaître, non seulement leurs avis sur ce qu’ils vivaient concrètement au sein de leur famille, de l’école et de la rue, mais avoir une idée plus précise de leurs attentes et de leurs souhaits.

En un mot, les entendre proposer un projet qui soit le leur, et porte leurs empreintes.

 

C’est à Tiaret et Sougueur que nous avons mis en application, avant l’heure, l’idée du Forum des enfants ; et cela, en deux étapes.

 

D’abord le 1 juin : au niveau de l’école Moulayat Djelloul

Puis le 2 juin : à Tiaret, au Parc d’attraction, pour l’ensemble des enfants réunis à cette occasion.

 

Les travaux réalisés à Sougueur ont grandement aidé à la réflexion, le 2 juin. Les élèves ont été répartis en huit groupes, avec un animateur ou une animatrice, chargés de guider les enfants, au plan de la méthode, seulement.

 

Thèmes retenus :

 

L’enfant et la famille

L’enfant et l’école

L’enfant et la rue

L’enfant et la culture et les loisirs

L’enfant et l’éducation physique et le sport

L’enfant et le travail

L’enfant et la santé

L’enfant et l’environnement

 

A l’issue des travaux les rapporteurs de chaque groupe ont présenté les conclusions du travail de chaque groupe, articulées, pour faire simple, en deux parties : identification des problèmes et propositions de solutions. Les comptes rendus de tous les groupes ont été versés dans une sorte de Livre Blanc, devant être présenté, le lendemain, au Wali et aux cadres de la wilaya de Tiaret.

 

 

LA NAISSANCE DU PROJET

 

LE 3 JUIN 2007 :

Date de naissance du Parlement des Enfants en tant que projet éducatif et culturel de la Wilaya de Tiaret.

 

La séance au cours de laquelle le Wali a reçu les enfants à la salle Mekki, a été présidée par une enfant : Wassila Taibi.

Elle s’est bien acquittée de sa tâche, en donnant la parole à toutes les rapporteures des groupes du Forum des enfants.

 

Après que Wassila lui ait remis le Livre Blanc, le wali de la Wilaya de Tiaret, M. MERAD Brahim, a rendu un hommage soutenu au travail réalisé par les enfants, « qui aurait de quoi faire pâlir certains adultes » a-t-il apprécié.

Il s’est engagé à mettre en application les recommandations qui y figurent, et a invité les membres de l’exécutif de la wilaya, à y accorder toute l’attention voulue et les moyens nécessaires.

 

Le Président de l’APW s’est dit impressionné par les rapports entendus et engagé à en suivre l’application ; mieux, il a promis aux enfants de les faire participer à la prochaine réunion de l’APW, consacrée à l’examen du budget 2008, pour faire entendre la voix des enfants et leurs propositions, afin qu’il en soit tenu compte au cours des délibérations, et que les moyens indispensables à la réalisation du projet soient votés.

 

MISE EN OEUVRE DU PROJET

 

1 - Réunion d’évaluation

 

Le 3 juin, dans l’après midi, pendant que les enfants jouaient sur les différents manèges du parc, auxquels ils avaient accès gratuitement (merci Monsieur le Maire), les animateurs des principales associations ayant pris part à l’organisation de la Fête, se sont réunis pour :

 

Évaluer la réunion du matin avec le Wali et…

Définir les modalités de mise en œuvre du projet.

 

Tous les participants ont reconnu que c’était la première fois que les autorités de la Wilaya s’engageaient sur un pareil projet, global et intégré ; mais qu’il fallait en suivre l’application pour pouvoir  apprécier, réellement, sur le terrain, la force de réalisation des engagements publiquement déclarés.

 

Au plan de la mise en œuvre :

 

11 - Les acteurs

 

Ne négliger aucune partie :

Les enfants d’abord

Mouvement associatif en insistant sur les associations à caractère social, santé, sports, culture, loisirs, environnement, sans aucune exclusive.

Enseignants et Syndicats des enseignants

Parents d’élèves

Universitaires, chercheurs, etc.

 

En évitant tout sectarisme et tout égocentrisme.

 

 

 

12 - L’organisation

 

Après un débat, riche en propositions, l’accord s’est fait sur les points suivants :

 

Elargir l’actuel réseau

 

Chaque animateur et/ou responsable, participant à la réunion, s’engage à contacter les associations de sa connaissance.

 

 

NB - Le réseau comprendrait ainsi une vingtaine d’associations de toutes natures ; auxquelles viendraient s’ajouter d’autres, susceptibles d’être contactées entre temps.

La même opération se réaliserait au niveau des autres dairate.

 

13 - La programmation

 

Objectif

Réunion du Parlement des Enfants de la wilaya de Tiaret dans six mois Décembre 2007 – (vacances d’hiver) qui comprendrait 84 enfants, soit 2 enfants (une fille et un garçon), par commune

 

Déroulement général

 

Phase 1

 

Renforcement du Réseau de l’organisation du Projet.

 

Phase 2

 

Implantation de sections de quartier au cours des vacances d’été qui, au contraire de ce que certains ont avancé, seraient favorables à l’organisation d’opérations de sensibilisation et de connaissance du milieu, grâce au sport ; notamment du foot ball (tournois inter quartiers). Penser à l’expérience cubaine du sport de rue.

L’implantation des sections de quartiers préparerait celle des sections scolaires à la rentrée 2007.2008.

Durée de cette phase : septembre – octobre 2007.

 

 

Phase 3

 

Création des Assemblées Communales d’Enfants (ACE)

Soit 42 assemblées qui éliraient leurs 84 représentants au Parlement des Enfants.

Durée : 01 mois – novembre 2007.

 

Phase 4

 

Première Réunion du PE, au mois de décembre 2007.

Deuxième réunion le 3 juin 2008, une année après le lancement du projet.

 

NB – Le présent projet peut subir toutes les modifications qui s’imposent en fonction des moyens de réalisation, notamment la disponibilité des hommes et des finances.

 

2 – Réunion de régulation

 

En soirée, il a été tenu une réunion de régulation avec M. Remaoun (DJS) Les principaux points retenus en vue de l’enrichissement du Projet sont les suivants:

 

Nature du projet :

 

Il s’agit d’un Projet Educatif et Culturel, retenu par la Wilaya en tant que projet pilote, destiné aux enfants de la Wilaya de Tiaret.

 

Textes référents

 

Convention internationale de défense des Droits de l’enfant (CIDE)

Et les textes algériens en matière d’éducation et de protection des enfants et des adolescents.

 

Pilotage

 

Le projet sera piloté par un Comité mixte de pilotage comprenant :

Les représentants du mouvement associatif en charge du projet.

Et ceux des différentes directions de l’exécutif de la wilaya, concernées par le projet.

Le comité de pilotage définit son organisation, ses modalités de fonctionnement et son programme d’action, pour une année.

 

Réglementation

 

Pour donner consistance juridique au Projet, le DJS s’engage à faire proposition au Wali, d’un projet d’Arrêté portant constitution du Parlement des Enfants de la Wilaya de Tiaret.

 

Dérives à éviter

 

Instrumentalisation du projet par les partis politiques.

Ou prévalence du sectarisme, égocentrisme et régionalisme.

 

Les enfants par-dessus tout,

tel devrait être le mot d’ordre de tous les acteurs de ce projet éducatif et culturel.

 

 

 

FORUM DES ENFANTS A MECHEDALLA     

                                                                                                                        

 

Jamais les enfants de Tiaret, de Sougueur ou de Blida n’avaient entendu parler de Mechedalla, Raffour, Chorfa ou Ait Mansour. Grâce à la fête de l’enfance, organisée les 20 et 21 juin à Chorfa, ils ont appris à connaître les filles et les garçons de cette commune, à chanter avec eux, à écouter avec eux les mêmes contes, à échanger et dialoguer avec eux, à connaître leurs problèmes ; d’ailleurs, pas si éloignés des leurs.

Ensemble, à Chorfa, le 21 au soir, ils se sont rendus au Café de Ammi Saïd, un ancien moudjahid, pour l’ouverture populaire de la Fête. Situé tout en bas du village, le café était une sorte de jardin public. Il convenait pleinement aux visées des organisateurs, refusant de confiner cette cérémonie dans une salle à laquelle d’autres enfants n’auraient pas accès. Ils étaient soucieux de l’ouvrir à toute la population.

 

Une cérémonie d’ouverture populaire…

 

Les membres de l’association Djawhara de Blida, déguisés en clowns pour la circonstance, et emmenés par l’infatigable Idir, devenu la coqueluche de tout Mechedalla, l’espace de deux jours, ont donné un spectacle haut en couleurs qui a drainé tout le village. Surtout les enfants, qui, parait-il, n’avaient vu un clown, qu’une seule fois, dans leur vie ; et encore, pas tous, car leur école avait fait payé 200 da, de droit d’entrée.

Des prises de parole courtes et symboliques pour expliquer, tour à tour, ce que pouvait être une association de défense et de promotion des droits de l’enfant.

Les jeunes, nombreux, ne manquèrent pas de poser les questions qui se bousculaient : Quels ont vos objectifs ? Votre programme d’activités ? Qu’est-ce que vous avez fait                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               ? Comment adhérer ? « Oui ! C’est vous qui devez poursuivre ce qui vient d’être fait aujourd’hui pour les enfants de Chorfa, d’abord en vous organisant et en vous rassemblant, puis en marchant pour faire avancer et changer les choses »

 

Le défilé, la surprise et le mouvement

 

Puis ce fut le défilé à travers le village. Les ruelles poudreuses et mal entretenues, montaient vers les quelques immeubles, perchés sur les collines qui dominaient la nationale 5.

Les organisateurs, Hamid Challal, en tête, essayaient de canaliser le flot joyeux des enfants pour une fois sur le devant de la scène de leur village.

Les gens étonnés, amusés, interrogatifs et sourire aux lèvres, saluaient cette marée d’enfants qui montaient vers eux. Une retenue ancestrale semblait les empêcher d’extérioriser plus avant leur surprise et leur contentement. « Enfin, nos enfants ne sont pas oubliés », semblaient ils dire des yeux.

Quelques uns prenaient des photos avec leurs portables. Les enfants voulaient immortaliser l’événement en demandant à un parent, ou à un « grand frère », de les photographier avec Idir, Meriem, Malika, Mohi aux grandes lunettes vertes, Jaber ou Hami, au nez inénarrable.

Il faut dire qu’ Assia, Vice Présidente de l’Anadde et Présidente de Djawhara, avait fait des merveilles, en coupant et en cousant ces délirants  costumes. La perruque d’Idir et ses gants blancs, ses poses et ses mimiques, faisaient grande impression. Tout le monde voulait sa photo avec lui. Mohi avec sa voix de stentor lançait des mots d’ordre, et les enfants survoltés, lui répondaient à tue tête, gesticulant et les bras au ciel. Une incroyable énergie se dégageait de cette foule en mouvement, en cris et en chansons.

« Comme ils sont beaux nos enfants », me glissa l’un des organisateurs, la larme à l’œil, chantant, lui aussi, le refrain du jour, devenu par la force des choses, l’hymne de l’Anadde : « 

Haddha el mektoub hououa elli… lakana,…

Haddha el mektoub houa elli jamâana ».

Le cortège se dirigea vers le CEM qui recevait les enfants pour le dîner était organisé. Tout le monde voulait entrer ; malheureusement il n’y avait pas de place pour tous et cela a failli provoquer des incidents.

 

Le lendemain : Forum des enfants

 

Les enfants de Tiaret étaient venus avec leur propre véhicule ; les APC de Chorfa, Raffour et Ait Mansour prêtent aux organisateurs leurs cars. Ce qui facilita l’ascension vers Tikjda, pour une excursion – forum des enfants, une belle trouvaille du Comité d’organisation. Visite rapide du centre national des sports, et tout le monde s’installe sous les grands cèdres pour le Forum. Chaque délégation fait l’inventaire de ses problèmes et avance ses propositions. Le débat est chaud ; et les animateurs ont beaucoup de difficulté à canaliser les intervenant(e)s qui fusent sur tous les points : la famille, l’éducation, la rue, le travail des enfants, la santé, la culture et les loisirs, l’éducation physique et le sport, l’environnement.

Puis déjeuner frugal à l’ombre des arbres ; enfin l’assemblée se réunit pour écouter les rapports de chaque village. Wassila Taibi dirige les débats comme elle l’a fait à Tiaret.

Les propositions écrites seront réunies en un livre blanc qui sera présenté par les enfants de Mechedalla, au Wali de Bouira, comme cela a été fait à Tiaret. Il faut signaler que le wali de Bouira a déjà chargé les Directeurs de l’Education, de la Jeunesse et des Sports et des Affaires Sociales d’étudier le document portant mise en place du Parlement des enfants de la wilaya de Bouira.

 

Escale à Raffour

 

Farouja, l’enfant du village, aujourd’hui mère de famille, voulait que nous fassions une halte à Raffour, au retour de Tikjda. Une sorte de halte débat avec les habitants, comme nous l’avions fait, la veille, à  Chorfa. Nous nous sommes rendus sur la place du village où les habitants ont construit la Tajmâat, l’assemblée du village, sur leurs propres deniers. Ammi Ali était fier de nous la montrer, ainsi que la polyclinique qui y était adossée : 

« Tout a été fait par le peuple et avec l’argent du peuple, l’Etat ne nous pas aidé…si vous nous aviez prévenu, nous vous aurions mieux accueilli, nous aurions collé des affiches et tout Raffour aurait été sur la place. »

Mais, même sans affiches, une grande partie des habitants se pressait vers la place, surtout des jeunes et des enfants. Le patron d’un magasin audio et télévision, vint nous demander si nous avions besoin d’un micro ; aussitôt dit, aussitôt fait ! Merci Si Noureddine.

Idir et Farouja se retrouvèrent avec un micro en main, pour expliquer ce que nous étions venus faire dans le coin. Avec l’arrivée des clowns, ce fut le délire. Les enfants assistèrent à la fable des animaux préparée par le « théâtre pour enfants » de Djawhara. Ils rirent beaucoup, tout comme les adultes qui passaient par là. Un petit moment de joie, fugace, mais réel ! Une bouffée d’air frais venait d’entrer dans ce village.

 

Revenez !

 

« Il faudra revenir ne cessait de répéter Ammi Ali, le sage du village…il y a beaucoup d’enfants ici, mais on ne fait pas grand-chose pour eux…espérons qu’avec ce que vous faites, les choses vont un peu bouger ! »

Il fut décidé que les jeunes et d’autres seniors intéressés, allaient aider Farouja à monter une section Anadde à Raffour. Ammi Ali promit de les aider de son mieux. Sûr qu’avec la ténacité de Farouja, le soutien de Ammi Ali et l’engagement des jeunes, la section verra le jour d’ici la prochaine rentrée scolaire. Comme celles de Chorfa et d’Ait Mansour.

Hamid Challal, Délégué Anadde pour la wilaya de Bouira, en a fait un défi.

A la rentrée donc, pour les premiers pas du Parlement des enfants !

 

 

Djawhara et l’Anadde

Fêtent les enfants de la ville des roses !

 

 

Nous sommes le 30 juin 2007. La salle de conférence du siège de l’ONM de Blida est archi comble. L’association Djawhara a réuni les enfants déshérités de Blida pour leur offrir un après midi de bonheur. Presque rien dans leur vie, mais tout de même, une grande bouffée d’espoir. De l’entrée jusqu’à la salle de conférence les murs sont tapissés de photos et de biographies de moudjahidate et de moudjahidin de la wilaya 4, tombés au champ d’honneur.

 

Accueillir tous ces enfants, en ce lieu, c’était comme vouloir dire à tous ces grands absents : « Votre sacrifice n’a pas été vain puisque vous allez voir chanter, danser et rire les enfants de vos enfants. ». Et, dans le même temps, apprendre aux enfants que c’est grâce à ces visages austères que la liberté a été rendue à leurs pères. Assia, Présidente de Djawhara et Vice Présidente de l’Anadde a veillé avec grand soin à l’organisation de cette fête. Les mamans étaient aussi dans la salle pour suivre avec fierté les évolutions de leurs chérubins. La section Anadde de Djelfa, présidée par le journaliste Hafnaoui Ghoul, avait fait le déplacement avec une dizaine de fillettes.

 

L’Atelier des Femmes Conteuses, avec les tatas Zineb, Nina, Yamina et Fatiha, avait tenu à participer à la fête pour y semer quelques grains de rêve et de magie. Idir, micro en main, animait la salle avec son habituelle maestria. Les clowns tinrent le haut de l’affiche avec leurs pantalonnades qui faisaient rire grands et petits. Ils alternaient avec les femmes conteuses qui déroulèrent les fils de leurs contes au milieu d’un silence fourmillant d’images et vibrant d’émotions. Elles étaient heureuses de leur prestation. Nina me glissa à la sortie « Nous sommes très contentes d’être venues cela donne chaud au cœur ! »

 

A l’affiche, il y avait aussi un défilé de mode pour enfants. Ils et elles, qui jouaient aux mannequins d’un soir, étaient à ravir dans leurs costumes, modernes ou traditionnels, sûrement coupés et cousus par les mamans. Détachés ou timides, détendus ou empruntés, tête baissée ou sourire aux lèvres, ils furent tous très applaudis. Abdelwahab le fut plus que les autres. Il était autiste. Une note de fraîcheur qui ne s’oubliera pas de si tôt.

Le clou de la soirée revint aux fillettes de Djelfa. Elles exécutèrent une danse traditionnelle des Ouled Nails toute de charme, d’élégance et de beauté. Subtil et évanescent, aérien et mystérieux le langage des mains et des doigts traduisait avec poésie, les scènes de la vie courante : carder et filer la laine, accueillir et repousser les prétendants, dire aux cieux sa joie de vivre. Et, au détour d’une figure, un sourire malicieux pour ponctuer un mouvement amorcé avec espièglerie. La plus douée, Sirine, une gamine de neuf ans, qui fit montre d’un talent époustouflant.

Comme de coutume, Djawhara clôtura l’après midi par une remise des récompenses aux enfants mannequins. Tous eurent droit à un diplôme et à un livre de contes, remis par les mères et les tatas conteuses.

 

Abdelwahab, durant toute la cérémonie, sommeillait sur mes genoux lorsque Idir prononça son nom. Il alla prendre son diplôme et son livre, et fit entendre à tous, comment il savait déjà parler, après avoir été suivi et guéri par Amel, à l’école Djawhara.

Puis, toute la salle se déversa sur la Place des mûriers, Blasset Ettout, au cœur de Blida l’ancestrale. Rondes et chants se succédèrent devant les regards médusés de badauds interrogatifs ou de consommateurs surpris, à la terrasse des cafés où l’on servait limonade et créponnets. Mohi et Jaber, boutes en train inégalables, improvisèrent un défilé, comme à Chorfa et Raffour, en empruntant les ruelles avoisinantes qu’ils éclaboussèrent, enfants aux trousses, de chants, de slogans et de rires.

 

Puis, tout le monde se dispersa, la joie au cœur ; le sourire aux yeux et dans l’âme. Les enfants de Djelfa mangeront et dormiront au siège de l’ONM dont Si Ahmed, le responsable, accepta toutes les demandes d’Assia. Le repas a été offert par toutes les mamans de Djawhara. Le lendemain, les enfants découvriront Blida et iront s’oxygéner à Chréa. Un Forum y naîtra ; et demain, ce sera la section de Djelfa qui recevra tous les enfants qui se sont connus à Mechedalla. Une grande chaîne des enfants est en train de se constituer. Que Dieu et les adultes lui prêtent vie !

 

 

 

LA CARAVANE AVANCE

 

 

La Caravane de la Mère et de l’Enfant, projet phare de l’Anadde pour 2008, progresse lentement, mais sûrement.

Après avoir convaincu le Wali de Blida du fait que le projet ne pouvait être valable que dans la durée, nous avons obtenu de sa part, le recrutement de 30 jeunes filles et jeunes gens de la commune de Oued Djar (lieu de la première étape expérimentale), en qualité Jeunes Animateurs permanents, pour la durée d’une année.

 

 

 

 

Choisir les futurs animatrices et animateurs

 

Nous avons ensuite convenu avec le Maire de Oued Djar de procéder au choix des futurs Jeunes Animateurs, en respectant le critère du niveau intellectuel (3° année secondaire), et celui de l’équilibre de la représentativité géographique : Oud Djar étant constitué de trois pôles :Oued Djer Centre (60% de la population), El Mâaif (35%) et El H’chem(15%)

Nous nous sommes rendus compte que les jeunes, tous pourvus d’une licence, étaient au chômage. La caravane aura au moins servi à les sortir de cette situation stressante.

Nous nous sommes rendus à plusieurs reprise à Oued Djar pour prendre contact avec les jeunes filles et jeunes gens retenus, leur expliquer objectifs et déroulement du projet Caravane et, surtout, le contenu de la formation initiale qui les concerne, en tant que Jeunes animateurs.

 

Rencontre avec la population de Oued Djar

 

Le jeudi 6 mars nous avons organisé, à la Maison de Jeunes de Oued Djar, une rencontre avec la population pour expliquer et faire comprendre le projet. Nous ne voulions pas que les gens s’interrogent sans être informés et surtout sans donner leurs avis. L’essentiel était de fonder notre demande de participation des citoyennes et citoyens à la réalisation d’un projet qui concernait les pères et mères de famille ainsi que leurs enfants.

« Il s’agit d’un projet de développement social et culturel intéressant tous les habitants de la commune » leur avons nous dit en résumé.

Ce qui fut réconfortant au plus haut point, est qu’en douzaine de mères de famille aient participé à la rencontre et, pour certaines, donné leurs points de vue :

« Hors de l’école nous enfants sont livrés à la rue, alors nous sommes pour ce projet et nous le soutiendrons comme nous le pourrons », dira l’une d’elles.

 

Un débat fructueux

 

Le travail en groupes, chose surprenante et inusitée pour elles, et les jeunes qui étaient venus aux nouvelles, permit de dégeler le débat, et de faire ressortir quelques interrogations et propositions nouvelles.

 

  • Est-ce que c’est un projet qui s’inscrit dans le court terme(un an, seulement) ou, au moins, le moyen terme ?
    • Pour le moment il s’agit d’une année, cependant nous ferons tout afin qu’il s’installe au moins dans le moyen terme

 

  • La formation initiale sera-t-elle suivie de stages de perfectionnement ou pas ?
    • Des week end mensuels de perfectionnement seront organisés à partir des problèmes rencontrés sur le terrain. C’est la pratique qui conditionnera le contenu de la formation suivie.

 

  • Qui et comment financera les projets susceptibles d’être proposés par les jeunes ?
    • Le MJS, la Wilaya et Euromed.
    • Pour ce qui est du comment chaque organisme a ses règles, conventions , contrats et procédures.
  • Pourquoi ne pas lancer des activités féminines ? couture, coiffure, cuisine, etc. ?
    • Pourquoi pas et faire intervenir les compétences locales même si une mère de famille a déclaré  «  je suis illettrée, donc je ne puis participer ». Au contraire, les savoirs faire pratiques peuvent être sollicités, et constituer une réelle contribution.
    • Assia, spécialisée en la matière, lance un atelier de couture pour une année. Il sera ouvert à toutes celles qui voudront s’y inscrire.
  • Les associations que nous pourrions créer, seront –elles agréées rapidement par l’administration de la wilaya, du fait que cinq associations de la commune attendent toujours le feu vert ?
    • Des démarches seront entreprises auprès de la wilaya pour obtenir la délivrance des agréments dans des délais avantageux.

 

                                         

 

L


Par larbi
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